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Groenland,
Pôle position

Le Groenland prête à confusion. On sait qu’il se situe aux extrémités du globe, mais pas toujours laquelle. De la même façon, peu de gens savent que sous le manteau blanc se cache une terre verte aux paysages multiples.

Arctique et Antarctique, deux pôles que tout oppose

 Quand on entend les mots « Pôle Nord » ou « Pôle Sud », notre imaginaire nous renvoie aussitôt aux grands explorateurs, aux grandes aventures à traineau ou à ski. Au vent glacé cinglant le visage des hommes et la gueule des chiens. Au blanc de la neige, de la glace, à perte de vue.

Nous sommes nombreux à confondre l’Arctique et l’Antarctique. Comme les dromadaires et les chameaux ou les frères Bogdanov, on ne sait jamais qui est qui.

La région Arctique a été découverte par les Européens au IXème siècle, mais les premiers à l’« imaginer » sont les Grecs avec le voyage de Pythéas autour de -330 avant JC. Cet ancien explorateur scientifique a exploré les mers du nord de l’Europe et a ramené les premières descriptions des phénomènes polaires. Les Grecs ont dès lors défini ces hautes régions en se référant à la direction indiquée par la constellation de la Grande Ourse, le nord. Arctique est donc né du mot arktos qui signifie « ours » en grec ancien.

Et même s’il faut attendre le XIXème siècle pour les premières explorations de l’Antarctique, l’idée qu’il existe quelque chose, de l’autre côté, est évidente. L’un ne peut exister sans l’autre. Cet autre côté a été nommé Antarctique, soit « opposé au pôle arctique ».

Étymologiquement parlant, l’Antarctique est donc l’opposé de l’Arctique, et c’est également ce que montrent leurs caractéristiques géographiques.

L’Arctique est un océan entouré de terres, dont les frontières sud ne sont pas clairement délimitées. Selon certains, elle comprend toutes les terres au-dessus du cercle polaire. D’autres disent que l’Arctique commence là où s’arrêtent les arbres. Plus généralement, nous pouvons dire que l’Arctique concerne toutes les zones où la température au mois de juillet est inférieure à 10°C, soit le Nord Canada, la Sibérie, l’Alaska, l’Islande, l’archipel du Svalbard et, bien sûr, le Groenland.

L’Arctique est par ailleurs un lieu de transit, depuis le détroit de Béring (canal entre l’est de la Sibérie et l’Alaska) jusqu’à l’Islande. Le courant transpolaire traverse donc tout l’océan Arctique, favorisant l’essor d’une biodiversité très importante : poissons, mammifères marins et terrestres, fleurs… On retrouve même du pollen sur la banquise.

Quant à l’Antarctique, il s’agit un continent à part entière. Le pôle Sud se trouve sur de la glace qui repose sur la terre. Cet immense territoire d’une superficie supérieure à 14 millions de km2 est encerclé par un océan extrêmement puissant, l’océan Antarctique. Cet océan, où se déchaînent les courant les plus forts de la planète, a créé une barrière naturelle et n’a permis qu’à une très faible biodiversité de s’y développer. Même si les animaux, protégés, y sont très nombreux, il y a peu d’espèces différentes. On recense en Antarctique environ 500 000 mille cétacés, 17,5 millions de phoques et otaries et 11,3 millions de couples de manchots, mais qu’une seule espèce terrestre, une mouche sans ailes appelée la « belgica antarctica »…

Le Groenland, terre verte

 Si l’on considère l’Australie comme un continent, le Groenland est alors la plus grande île du monde : 2600 km de long, 1000 km de large. Et à l’instar de la France, le pays regorge de paysages différents.

Tandis qu’à Siorapaluk, le village le plus septentrional au monde, à une latitude de 77° nord, la température avoisine actuellement les -34°C, à Kujalleq, située à l’extrémité sud de l’île (latitude 60° nord) il ne fait « que » -11°C.

Article 1 - illustration1
Article 1 - illustration2

Au centre : du blanc, beaucoup de blanc.

Imaginez une grande poêle recouverte de chantilly qui s’écoule lentement sur les bords… La calotte glaciaire, socle rocheux recouvert de plus de trois kilomètres de glace, fonctionne de la même manière : la neige tombe et se compacte jusqu’à devenir de la glace d’eau douce qui finit par déborder sur les côtés, formant ainsi d’immenses glaciers d’où se détachent les icebergs. Ce phénomène a fait du Groenland la deuxième réserve d’eau douce du monde : en une journée, le glacier d’Ilulissat déverse en mer suffisamment d’eau douce glacée pour subvenir aux besoins en eau de la ville de New York pendant un an !

À l’est : un paysage alpin

L’est du Groenland regorge de montagnes hautes. Le mont le plus haut, le Gunnbjorn, culmine à 3693 mètres. En permanence encombrée de glace de banquise (c’est-à-dire de mer gelée), cette zone est longtemps restée difficile d’accès et a été découverte tardivement.

Le Sud et l’Ouest

Même s’il conserve des paysages très alpins, le sud du Groenland est quant à lui libre de glace. La banquise ne s’y forme pas car cette zone, à plus basse latitude – 60° nord, soit au même niveau qu’Oslo – est plus chaude et de ce fait, très verte. C’est ainsi qu’Erik le Rouge qui, ne pouvant accéder par la côte, a fait le tour par la pointe sud pour débarquer par le sud-ouest – a nommé au Xème siècle cette terre nouvelle Grönland, signifiant « terre verte ». Le sud est d’ailleurs un terrain favorable à l’élevage du célèbre mouton groenlandais et à la culture de quelques légumes, notamment la pomme de terre. Il existe même une école d’agriculture et une ferme biologique.

Néanmoins, si on remonte vers le nord le long de la côte Ouest, on retrouve une végétation très rase et de nouveau une grande présence de la glace.

À Kullorsuaq, notre future destination (74° nord) il fait -26°C…